ANVERS Elle n'avait pas encore mis le pied sur scène que déjà le Sportpaleis frétillait. Une excitation difficilement contenue régnait dans la salle avant même l'arrivée du sympathique Lemar, qui assurait la première partie. Quelques minutes après vingt et une heures, la talentueuse Beyonce fit une entrée triomphale. Dans un nuage de fumée, elle sortit du sol la longue traîne de sa robe argent qui mettait ses courbes affriolantes (garçons et filles, tout le monde en conviendra) en valeur derrière elle.
Directement, les grands moyens furent déployés : un mur de feu, juste derrière elle, éclata. Seule, perchée sur ses talons dorés, le vent dans ses cheveux défaits, elle était resplendissante. Le rideau qui s'ouvrit nous fit découvrir, sur les premières notes de Crazy in love, un escalier sur lequel toute l'équipe de la star se tenait. Trois choristes, deux synthés, deux batteries, des percus, des cuivres... C'est un groupe de près de 15 personnes et exclusivement féminin qui a fait danser la foule.
Deux heures durant, Beyonce nous en a mis plein la figure avec un show parfait, où aucun détail n'était laissé au hasard. On s'attendait à un concert sympa mais impersonnel, on a eu bien mieux que ça. L'Américaine est aussi pro que généreuse. Elle trimballe une armada de tubes derrière elle, elle a une voix incroyable, un corps à damner tous les saints : ce fut deux heures de pur bonheur. Au programme donc, des hits en puissance. Sur Baby Boy, servi normalement avec Sean Paul, Beyonce, longue jupe noire scintillante et soutien-gorge minimaliste assorti, fit montre de ses talents de danseuse du ventre. Elle enchaîna avec l'excellent et dansant Beautiful Liar, son duo avec Shakira, présente là sur écran géant, qui tourne actuellement sur les ondes et Naughty Girl.
Elle s'effaça alors pour changer de tenue, nous laissant le temps au passage d'admirer les talents de ses danseurs. Presque nue (elle ne portait qu'un maillot couleur chair, légèrement pailleté au niveau de la poitrine et des fesses), elle mit le feu avec Independent Women, issu de la bande originale de Charlie's Angels, qui avait connu le succès alors que la belle faisait encore partie des Destiny's Child. Consciente que c'est grâce à ce groupe qu'elle peut aujourd'hui triompher en solo, elle a fait un détour obligé par les tubes qu'elle a pondus avec ses copines : Bootylicious, Bills, bills, bills, Say my name, Soldier, Survivor... Elle a conclu cette parenthèse en affichant une grande photo d'elle avec ses deux amies sur l'écran géant.
Ce qui nous a plu, surtout, dans ce concert, c'est que la belle ne se laisse pas guider uniquement par son professionnalisme. Elle semblait réellement heureuse d'être là. Son sourire, alors que tout Anvers chantait le premier couplet d'Irreplaceable, ne trompait pas. On eut encore droit notamment à Déjà vu. Complètement habitée, Beyonce nous a scotchés une dernière fois avant de s'effacer en coulisses. À tout juste 25 ans, la copine de Jay-Z fait partie des plus grandes stars de la chanson internationale. Elle nous a encore prouvé samedi soir qu'elle méritait de faire partie de ce cercle très fermé...